
Chaque printemps, la Fête des mères en Belgique réunit les familles autour d’un moment simple et symbolique : remercier les mères, les grands-mères et, plus largement, les figures maternelles. Si la célébration ressemble à celle observée dans plusieurs pays voisins, elle possède aussi une particularité bien belge : selon la région, elle ne tombe pas toujours à la même date.
Dans la majeure partie du pays, la Fête des mères est célébrée le deuxième dimanche du mois de mai. Cette date concerne notamment la Wallonie, Bruxelles et une grande partie de la Flandre. Elle suit une tradition largement répandue en Europe et en Amérique du Nord, où le mois de mai est associé au printemps, à la famille et à la gratitude envers les mères.
Concrètement, la date change chaque année puisqu’elle dépend du calendrier. En 2024, elle a eu lieu le 12 mai ; en 2025, le 11 mai ; en 2026, le 10 mai. Cette règle du deuxième dimanche de mai permet aux familles de prévoir plus facilement un repas, une visite ou une attention particulière, tout en conservant le caractère dominical de la célébration.
La Belgique présente toutefois une exception importante : dans la région d’Anvers, et parfois dans certaines communes de sa province, la fête est traditionnellement célébrée le 15 août. Cette date coïncide avec l’Assomption, fête catholique consacrée à Marie, figure maternelle centrale dans la tradition chrétienne. Cette particularité reste fortement ancrée localement, même si certaines familles anversoises marquent aussi le deuxième dimanche de mai.
La singularité anversoise remonte au début du XXe siècle. En 1913, l’échevin et artiste Frans Van Kuyck aurait encouragé la création d’une fête locale destinée à honorer les mères. L’idée s’inscrivait dans un contexte où les célébrations familiales prenaient de l’importance dans la vie sociale et où l’on souhaitait valoriser le rôle des femmes au sein du foyer.
Le choix du 15 août n’est pas anodin. À Anvers, la Vierge Marie occupe une place historique et religieuse importante. Associer la fête des mères à l’Assomption permettait donc de donner à cette célébration une dimension à la fois familiale, spirituelle et locale. Aujourd’hui, même dans une société plus sécularisée, cette date conserve une valeur identitaire pour de nombreux habitants.
Cette coexistence de deux dates illustre bien la diversité culturelle du pays. La Belgique fonctionne souvent par traditions régionales, linguistiques et locales. La Fête des mères belge n’échappe pas à cette logique : elle se célèbre en français, en néerlandais ou en allemand, mais aussi selon des habitudes familiales propres à chaque ville ou province.
La Fête des mères moderne s’est développée au tournant du XXe siècle, notamment sous l’influence du mouvement lancé aux États-Unis par Anna Jarvis. Son objectif initial était de rendre hommage aux mères pour leur engagement familial et social. Cette idée s’est progressivement diffusée en Europe, où elle a pris des formes différentes selon les pays.
En Belgique, la fête s’est installée peu à peu dans les usages, portée par les familles, les écoles, les commerces et les associations. Elle n’a pas partout la même portée religieuse ou institutionnelle, mais elle est devenue un rendez-vous familial largement reconnu. Son succès tient à sa simplicité : un geste, un mot, une visite ou un repas suffisent souvent à lui donner du sens.
La comparaison avec les pays voisins montre des ressemblances, mais aussi des nuances. La France célèbre aussi cette fête au printemps, généralement à une date différente lorsque la Pentecôte intervient dans le calendrier ; un aperçu complémentaire des usages français est présenté dans cet article consacré à la célébration des mères de l’autre côté de la frontière. En Belgique, la coexistence entre mai et août reste l’élément le plus distinctif.
La célébration reste généralement intime et familiale. Beaucoup d’enfants offrent une carte, un dessin, un poème ou un petit cadeau préparé à l’école. Dans les familles, on organise souvent un déjeuner dominical, un brunch ou une visite chez les grands-parents. Le but n’est pas nécessairement de multiplier les dépenses, mais de marquer une attention personnelle.
Les fleurs occupent une place importante. Roses, pivoines, tulipes ou bouquets de saison sont parmi les cadeaux les plus fréquents. Les chocolats, les produits de soin, les livres, les bijoux discrets ou les expériences à partager, comme un repas ou une sortie, font aussi partie des attentions courantes. Les commerçants, fleuristes et restaurants observent d’ailleurs une hausse d’activité à l’approche de cette période.
Dans les écoles maternelles et primaires, la fête garde une dimension très visible. Les enseignants proposent souvent aux enfants de fabriquer un objet ou d’écrire quelques mots. Ces préparations participent à la transmission d’un rituel familial, tout en apprenant aux plus jeunes à exprimer la reconnaissance et l’affection.
Comme dans de nombreux pays, la Fête des mères fait l’objet d’une forte présence commerciale. Les vitrines, les campagnes publicitaires et les promotions thématiques rappellent la date plusieurs semaines à l’avance. Cette dimension peut parfois susciter des critiques, notamment lorsque la fête semble réduite à l’achat d’un cadeau.
Pourtant, dans la pratique, la dimension familiale reste centrale. Beaucoup de Belges y voient avant tout l’occasion de prendre le temps de dire merci, de réunir plusieurs générations ou de rompre avec le rythme quotidien. Le cadeau n’est qu’un support ; le sens de la fête repose davantage sur la présence, l’écoute et la reconnaissance.
La célébration évolue aussi avec les réalités familiales contemporaines. Familles recomposées, mères seules, coparentalité, adoption, familles homoparentales ou relations plus complexes : toutes ces situations influencent la manière de vivre cette journée. Certaines personnes choisissent de la célébrer largement, d’autres plus discrètement, et d’autres encore préfèrent ne pas la marquer. Cette diversité fait désormais partie de la réalité sociale de la fête.
En Wallonie, la fête est généralement célébrée le deuxième dimanche de mai, avec des habitudes proches de celles observées en France ou au Luxembourg. Les repas familiaux, les fleurs et les cartes sont très présents. Les médias locaux, les écoles et les commerces rappellent largement l’événement, qui s’inscrit dans le calendrier familial du printemps.
À Bruxelles, ville bilingue et multiculturelle, les usages sont plus variés. La célébration peut suivre la tradition francophone, néerlandophone ou celle du pays d’origine de certaines familles. Cette diversité donne à la Fête des mères à Bruxelles un caractère plus souple, où plusieurs références culturelles peuvent coexister au sein d’un même quartier, voire d’une même famille.
En Flandre, la plupart des familles célèbrent Moederdag en mai, mais la région anversoise demeure attachée au 15 août. Cette double pratique peut parfois surprendre les personnes nouvellement installées en Belgique. Elle est pourtant bien comprise localement : chacun suit la coutume de sa famille, de sa commune ou de son cercle social.
La Fête des mères en Belgique se caractérise par une règle générale simple et une exception régionale forte. Dans la majorité du pays, elle a lieu le deuxième dimanche de mai. À Anvers et dans une partie de sa province, elle est traditionnellement fixée au 15 août. Cette particularité reflète l’histoire locale et l’importance des traditions régionales belges.
Au-delà de la date, la fête reste avant tout un moment de lien. Elle se célèbre par des gestes simples : un bouquet, une carte, un repas, une visite ou un message. Son importance ne tient pas à son coût, mais à l’attention portée aux personnes que l’on souhaite honorer. C’est ce mélange de tradition, d’affection et d’adaptation aux réalités familiales qui fait encore vivre cette célébration aujourd’hui.